Série : Seul

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Seul ?

mardi 19 avril 2011

Juan Pedro Domecq, le ganadero exceptionnel





Domecq est mort. Un camion qui ne dévia pas sa charge et le percuta de plein fouet. A midi, sous le soleil exactement. On lit partout quel ganadero exceptionnel il fut. Charitable concept chrétien par lequel la mort exonère de tout. On ne s'acharne pas sur une dépouille. Pour autant la magie du passage suprême vaporise-t-il la mémoire dans la stratosphère ?


C’est vrai, ''exceptionnel'' est le terme qui sied au ganadero qu'il fut. Mais d’ordinaire, quand on est leader de sa catégorie, le nom devient une sorte de label d’un summum. Exemple : on ne dit pas « un appareil de nettoyage à haute pression », on dit un ''Karcher'' y compris pour ceux d'autres marques, tant les produits de celle-là se sont imposés comme les meilleurs, dans l’opinion. Jusqu’à la parole présidentielle qui tenta de désincruster la racaille avec… Peut-être demain, dans les commissariats, dira-t-on des clients de prostitués, qu’on a arrêté un ‘’Caubère’’, allez savoir.



Juan pedro Domecq, lui, restera dans le monde de l’aficion consciente, comme celui qui aura dit les plus ineptes des énormités concernant les descendants du Bos Taurus Iberica et aura labellisé le meilleur des sangs braves de l’histoire du ganado comme celui de la médiocrité. Excusez du peu.
A cet égard on pourra lire le symptomatique hommage qui lui est rendu par ‘’Terres Taurines’’ qui a mon sens, l’enfonce un peu plus dans cette malheureuse réputation, « auquel le ganado doit beaucoup ». Pour le comprendre et le ressentir, il suffit juste de le lire à l’envers :
Car enfin, en reprenant les propres termes de cet édito, si ce ganadero des plus inventifs et passionnés, si cet interlocuteur à la conversation intelligente, à l’argumentaire tenace, si cet homme sensible, courageux, vrai, entier, doué d’humour et d’humanité, à l’esprit brillantissime, disait qu’il fallait se passer de la pique et qu'il voulait produire des toros artistes jusqu'à les faire sombrer dans une exaspérante soseria, ... comment lui pardonner ?

Paix à son âme.



photos Sud-Ouest. jean-Louis Duzert

6 commentaires:

el chulo a dit…

totalement d'accord!

Diego ALCALDE a dit…

OK Marc, bien vu, comme un beau mec qui n'aurait pas trouvé une belle nana, pour faire les enfants dont on rèvait... Il a eu le meilleur sang, celui des triomphes, il lui manquait celui de l'absolu, celui qui nous rassemblerait... Dommage que "aficion" rime avec "désolacion".

Anonyme a dit…

Exercice difficile... Tu marchais sur des oeufs mais tu n'en as pas cassé...ce coup-ci...sourire
Perso je ne me suis pas risqué à l'exercice.
Blogger

Marc Delon a dit…

... y "consternacion" !

Anonyme a dit…

J’ai bien aimé « l’hommage de Delon ». Respect pour la personne bien sur, voilà pour être convenable et convenu , mais à part çà Juan Pedro aura été un apprenti sorcier démagogue et sans principes, un nuisible et un malfaisant. D’autant plus malfaisant qu’il avait les manettes, les moyens de peser économiquement sur la fiesta. Je lui souhaite bien sur sa place au paradis mais un petit passage par le purgatoire lui serait salutaire. là où errent les modernes toros d’un sang si bleu qu’il a fabriqués, ces toros si nobles mais tellement cons, tellement tontos, ces toros disais-je qui doivent y errer, se bouffant los cojones de honte et de regrets d’avoir peut-être voulu et pas pu.

Jean-Marc Colomar

Marc Delon a dit…

Tout à fait d'accord avec votre "hommage" Marc,je me sentais un peu seul au milieu de tout ces doux mots dit à son égard.

rubio fabien