Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

dimanche 20 janvier 2013

Marc et des fleurs pour les femmes

Voilà, le flamenco c'est fini. Ce matin, la douche ne m'a pas réveillé. Louise m'a porté mon café au lit. J'en profite, ça l'amuse encore : elle met plein de trucs inutiles comme des biscuits, des petits chocolats emballés, des papillotes qui restent de Noël... elle décore le plateau et n'oublie pas LE bédicabent. Elle est souvent enrhumée. Dehors, la terrasse est mouillée, des flaques luisent dans le soleil revenu. Mon fils aîné m'envoie une photo de sa fenêtre légendée "Rueil en Savoie" où tout est blanc. La cheminée du voisin fume. Lundi prochain on me livre cinq stères de charme. Il parait que ça brûle bien le charme. Sans fumée. Pourtant il y en a une qui m'a déjà expliqué le contraire, que tout le charme pouvait soudain partir en fumée. La vie n'est qu'une farce temporaire où valsent d'éternels egos. Il faudra ranger cinq stères de charme, corvée de plusieurs heures, le long du mur d'enceinte, face à l'entrée, puis faire des allers-retours salissants, froids, venteux, humides, pour nourrir l'âtre. Des stations quadrupédiques pour l'allumer, l'attiser, des discussions inconciliables car, face au feu, chacun a sa technique, et n'est pas incendié par la même allumette, surtout si une ex-Akela te prend encore pour un louveteau... Etonnant qu'elle puisse ensuite s'étonner de ta fascination pour une danseuse gitane sensuelle dont Maja Lola t'explique ci-dessous l'actuacion, en une resena simple, claire et exhaustive ce qui me conforte dans la flemme d'entreprendre la mienne... je te laisse donc avec elle, lecteur, en criant comme elle : Vive la flamme ! Euh... non, vive les femmes ! Ou bien la flamme pour une femme, je ne sais plus... Enfin bon, y'a un tri à faire, quand même... "Marc les Fleurs'', lui, en avait huit qui le boostaient hier soir, tu m'étonnes qu'il dansait bien !

Flores, Flores …. queremos Flores !



Heureuse, comblée et émerveillée par le spectacle de cette soirée … la dernière du festival pour moi mais un des meilleurs moments de qualité, maîtrise chorégraphique et émotion.

Marco Flores danse avec sensibilité et puissance. Sa technique est irréprochable et son corps svelte et nerveux est en osmose totale avec la musique … ce corps si musicalement expressif qu’il donne souvent l’impression d’être la baguette conductrice de la pièce musicale.

Tous les artistes de ce soir étaient exceptionnels … et je pèse mes mots.

Le danseur a rendu là un bien bel hommage à LA femme. Mercedes Cortés et Fabiola Pérez au chant, deux guitaristes féminines, Antonia Jiménez et Bettina Flater et trois talentueuses danseuses, Guadalupe Torres, Carmen Coy et Lidón Patiño, constituent cet extraordinaire cuadro que nous avons eu le privilège d’admirer ce soir. Tientos, tangos, soleá et une très belle nana dansés par trois femmes aux morphologies très différentes mais qui s’accordent parfaitement, chacune a su manera.

La mise en valeur de ces artistes par le maestro, le sourire complice, chaleureux, épanoui de ce dernier et la virtuosité de son art restent un point culminant de ce cru 2013.

Vive les femmes ! Vive Marco Flores !

Une ovation appuyée et bruyante et un jaleo final digne des meilleurs tablaos, et nous voilà déjà dans la frustration de l’attente d’une future prestation de ces artistes talentueux.


7 commentaires:

Maja Lola a dit…

Oui. C'est fini. Cette parenthèse flamenca a insufflé en ce froid, venteux et pluvieux janvier nîmois un courant de chaleur, de grâce, d'alegria qui n'est pas près de s'oublier !
Marc, le coin du feu a aussi ses "charmes" ... pas trop près, amigo, tu pourrais te brûler !;-)

Anonyme a dit…

Merci à tous les deux, d'autant plus que ce janvier hiverneux s'est manifesté bien au delà de Nîmes.
Vous avez raison de le mettre en garde Maja Lola : beaucoup de grands brûlés sont des vieillards qui s’assoupissent et tombent dans l'âtre. Et d'autant plus s'ils concupiscent et sont acariâtres...
JLB

Anonyme a dit…

On a réussi à suivre les deux spectacles, de la scène et des bas-fonds

Anonyme a dit…

On n'a pas parlé des spectacles-satellites, de ce superbe et magique moment où un guitariste et un photographe accompagnaient Ludo tandis que, possédé de la magie des sons et des mots ibères, il nous modelait de la voix et du corps toute la poésie et la gravité profonde de l'âme gitane.
Gina

Anonyme a dit…

"Echassière résillée
Fuselée en beau calibre
En libido de Delon
Tu crées déséquilibre"

J. de la Pompe

Maja Lola a dit…

En effet Gina. Pas évoqué, mais surtout pas oublié cette conférence "Voix et images d'Aficion" avec un excellent guitariste (bordelais, je crois) Toni Hernandez qui, avec J.-L. Duzert et Don Ludo formaient une bien belle trinité flamenca ... !

Le moment de la prise en mains pour suivre avec délices la courbe de la guitare par Ludo et la pause "copa de tinto" pour "templer" le gosier du poète ont donné beaucoup de chaleur à la déclamation et au chant du moment. Duzert au pupitre nous a encore une fois flatté les pupilles avec cette ballade d'évasion ...
Dommage que le devoir nous ait appelées à grands cris vers nos occupations nourricières.
Je reste avec le regret de ne pas avoir partagé une copita avec Ludo.
Mais, comme toutes les vedettes, il était constamment accaparé et entouré ;-)

Marc, tu retombes dans le catalogue lingerie fine ?

Marc Delon a dit…

Exact, j'ai enfin trouvé un catalogue "Lingerie fine" où ils se sont fendus d'un vrai photographe :
double plaisir !
Que ceux qui trouvent ça désagréable à regarder se signalent. (seront fichés chez les peine-à-jouir)