Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

vendredi 13 mai 2016

Feria des mange-tripes


Bon vous savez ce que c'est avec le petit personnel... A force de nuits debout ils prennent du retard. C'est ainsi que mon envoyé spécial ne m'envoie ses impressions de la cité pré-cévenole que tout à l'heure juste avant que la cité romaine ne s'éveille à la chose. Mais bon vu comme je le paye, je ne peux être exigeant. C'est ça la limite du bénévolat.


Un Week-End à Alès

Samedi, c’était concours. Aucun prix n’a été décerné. Le Jalabert (sorti en second) fut le seul de l’envoi qui aurait pu y prétendre. Les autres, de présentation des plus honnêtes, sans vraie bravoure. Les picadors avec une remarquable constance ont visé l’arrière-train où, semble-t-il, ils pensent trouver le morrillo : des cours de remise à niveau en anatomie bovine pourraient être envisagés dans le cadre de la formation permanente. Uceda Leal est venu en Cévennes toucher son chèque. « A la mineuuu ! », lui a crié mon voisin renouant avec une antique tradition locale. « Trente trois ans de fond », m’a-t-il expliqué. Mais on imagine mal Joseph Ignace en gueule noire. Plutôt en garçon de café. Escribano s’est déplacé à Alès avec les mêmes intentions que son collègue : ne pas risquer un poil . Mais au moins, lui, il le fait avec le sourire. Et le petit Dufau, eh bien il fut inégal, dira-t-on.

Dimanche matin, c’était indulto d’un novillo de Cuillé. Pas honteux, au bout du compte. Un novillo qui est allé trois fois au cheval, et qui ensuite a montré une charge inépuisable, débordant parfois son opposant. Celui-ci, Juan Carlos Carballo sera revu avec intérêt. Son toreo de cape a de l’allure et pour le reste, il montre de bons principes. Son  collègue Vanegas a du métier mais c’est un peu au détriment de la fraîcheur juvénile de l’an dernier. Et tout le monde est sorti a hombros.

L’après-midi, c’était curé et pluie. Loin des bedigues nîmoises, ces taureaux de Valverde revisités étaient des costauds, des durs à cuire, toréables cependant à condition de s’y mettre. Ce que les trois lascars du jour ont fait avec une volonté indéniable qui les a poussés à trop prolonger leurs faenas, d’où les difficultés pour conclure : le trompettiste préposé aux avis n’a pas chomé non plus... Octavio Chacón, dans un style un peu rustique, Alberto Lamelas qui a  dessiné des naturelles remarquables en échange d’un sérieux coup de corne, et Javier Cortés, le plus fin du trio, tous les trois ont fait honneur à leur profession.

Et on ne s’est pas fait traiter d’assassins en allant aux arènes : voilà qui nous change, plutôt agréablement.
                                                                                      Pedroplan

1 commentaire:

el Chulo a dit…

biennnnnnnnnnnn pedroplan!