samedi 15 janvier 2011

Restez dignes.


Un ami m’a offert les quatorze pages de «Indignez-vous !» de Stéphane Hessel. C’est un nouvel ami que je connais peu et je me suis demandé s’il ne m’avait pas adressé un message codé, indigné qu’il était d’avoir lu ma sensibilité ici… Je te salue l’ami, espérant que tu ne t’inscris pas dans le ''monton'' de ceux qui te trouvent sympa jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que tu gagnes plus qu’eux – remarquez, ça, il y a longtemps que ça ne m’est pas arrivé… non, pas parce que la mentalité des gens évolue, mais parce que mes revenus ont stagné, puis régressé. Je sais, vous me plaignez – ou encore lorsqu’il se rendent compte que tu ne votes pas du même côté qu’eux… Démocrates, va !


Amis socialos-communistes, je vous aime, moi ! Sans déconner ! En ville dans les dîners de la bourgeoisie provinciale, ça ne parle que de cul, de fric et de vacances… pas intéressant… ceci pour les professions libérales décoincées. Pour certains autres, genre catho-écolos anti-corridas, ça boit agua sin gas et parle du dernier camp Scout, du Pape et de la planète : maxi-chiant… enfin pour moi, aficionado-athée-pollueur. Là, il faut complimenter la maîtresse de maison pour son plat, même s’il est dégueu. Oui, parce que, ce faisant, on relègue le plaisir du goût à ce qu’il est, une inclinaison satanique, et on prend acte du travail effectué, on dit sa reconnaissance de l’invitation et du dévouement. Même si c’est dégueu. Un jour j’ai tenté une incursion au pays de la vérité, devant tout le monde : j’ai tenté d’expliquer qu’il était possible qu’au niveau gastronomique tout le monde n’ait pas les mêmes références et qu’il me semblait respecter infiniment plus la cuisinière en lui disant mon ressentiment réel vu que cela allait favoriser d’enrichissants échanges culinaires - je suis souvent aux fourneaux aussi - plutôt que de la mépriser, en verbalisant l’hypocrite contraire de ma pensée profonde : tout juste si je n’ai pas été répudié, excommunié, etc… Un conseil, ne le tentez jamais s’il s’agit de votre belle-mère, vous seriez grillé jusqu’à la nuit des temps par votre moitié qui vous rétrécirait d’au moins un quart. Vous vous marrez, j’espère ?


Bon donc, avec les gens de gauche au moins, c’est sympa, on parle du dernier film vu, du dernier livre lu : et Pan ! v’la Hessel qui revient. Et là, même la gauche qui riait, va s’assombrir à nouveau. Ce livre, comme le soulignait Nadège Vidal dans son blo-blog, vaut surtout par son titre – dedans, il n’écrit pas grand-chose d’autre – et je rajouterais, par son prix : trois pesos, ce qui explique en partie son succès, - Oh la vengeance perfide de l’écrivain raté ! - avec aussi ce besoin d’étancher la soif avide des anti-Sarkosystes primaires, d’entendre un autre discours que le ''Royaliste'' : j’ai envie d’être président de la république après Mitterand dont je suis l’héritière. Ce que je comprends parfaitement. Voui. Si.



Très vite, on se rend compte que, comme tout socialiste grand teint, Hessel part du principe que l’homme est bon. Lequel ? Celui qui viole, qui tue, qui lapide une femme parce qu’elle en aime un autre ou découpe un jeune avant d’en remettre les morceaux à sa mère dans un sac poubelle ? Celui qui condamne à mort ceux qui se convertissent à une autre religion que celle d’état ? Une idée à laquelle je n’ai jamais pu souscrire, dans ma grande générosité de principe. Oui, je me moque de moi-même. Mes yeux ouverts, mes oreilles déployées, ma pauvre réflexion personnelle n’admettent pas d’évidence le concept. Hessel, quand même, induit des distinctions : l’homme est bon surtout lorsqu’il est palestinien, rom, immigré ou sans papier. Soit. C’est possible et confère en tout cas une posture de principe, humaniste et confortable reléguant de fait ceux qui cherchent plus profond, au mieux à des égoïstes, au pire à des salauds.


Alors je ne vous dis pas pour ceux qui pensent que le gratin familial est raté.


Ce qui n’est pas écrit mais induit dans la conscience du lecteur bien à l’abri sous sa couverture en laine mohair en poil de bique angora du pays Cathare – en fait j’en ai pas, mais j’en rêve, c’est le cas de le dire. Que celui qui n’a jamais plongé dans le sommeil sous un tel luxe, essaye une fois pour voir… d’autant que si le luxe va bien à la droite, la chèvre angora de l’écolo sierra à la gauche. La chèvre, concept réunificateur ! Légionnaires compris... –



Que la Roumanie ait reçu cinquante-quatre milliards d’euros lors de son entrée dans l’UE sans consacrer un kopek pour améliorer la condition de ses pauvres, ne l’interpelle jamais. Que les cent quatre vingt-treize autres pays du monde choisissent leurs immigrés en fonction de leurs besoins, non plus. J’ai donc trouvé ce développement de bons sentiments, agréable et rassurant mais un peu ''court''. Mais bon, si ça peut en convaincre quelques-uns d’être moins égoïstes ou matérialistes à outrance, pourquoi pas. Le chulo par exemple, tiens, … nâaan… je déconne…



Ne manquait plus qu’Edgar Morin, autre socialiste nonagénaire donc bon et indigné, pour nous expliquer hier soir chez FOG – Franz Olivier Gisbert – que c’est nous qui créons les conditions de leur délinquance. C’est dire la jubilation à écouter Salah Guemriche seul arabe du plateau, tempérant intelligemment la bien-pensance généralisée en expliquant qu’il avait besoin de Zemmour et Houellebecq pour comprendre et rester vigilant et lucide. Guemriche dont l’ouvrage sur le phénomène quasi maudit de l’apostasie, cette conversion de musulman à la chrétienté, confirme que celle-ci est, dans les lois des pays de l’islam punie de la peine de mort. Ce qui est un probant exemple de la tolérance universelle, vous en conviendrez. Et un athée là-bas c’est quoi ? Un chien ? Ouah-Ouah !



Je me suis souvent amusé avec ma jeune clientèle, à les pousser dans ce retranchement qui confie avouer qu’un mariage n’est possible qu’à la seule condition que le chrétien se convertisse à l’islam mais jamais l’inverse. Sens unique. Et l’amour dans tout ça, que je leur demande ? Si c’est celui que tu aimes, quelle importance qu’il soit bouddhiste, catho ou protestant ?



- Ah… mais non… c’est pas comme ça que ça marche qu’elle me répond… c’est que s’il n’est pas musulman je ne peux pas l’aimer…



Comme quoi, hein, rien de plus con que ces chansons d’amour qui parlent d’absolu. Ca relativise… je devrais organiser des après-midi ‘’thé à la menthe’’ avec ces jeunes femmes et leurs aînées qui me disent :



- Ah non ! Plus jamais d’Arabes ! Je cherche un Français !



Sérieux : plus rien à faire de la religion ! Emancipées les mousmées ! Alors là, je vous jure, je m’empresse de les inviter à se méfier au moins autant. Parce que je les connais les Français, moi... Tiens au fait, tous ceux que je connais qui ont une compagne arabe sont de droite... trop bon !



Il y eut aussi chez FOG le couplet adoré par Morin et une jeune journaliste au grand cœur, de ''ghettoïsation'', concept coupable de nous autres tous, qui faisons rien qu’à les embêter à les obliger à vivre ensemble, raison qui explique à elle toute seule, notre culpabilité dans leur délinquance : trop fun !



- Quelle insulte pour tous les pauvres !



A justement rétorqué à un Edgar Morin, a little interloqued, une salope de clairvoyante de droite…



Enfin, on s’amuse bien chez FOG, pour ceux qui n’ont pas préféré les demeurés de ''confessions intimes'' – une émission pour sociologues - avant même que ''La semaine mythomane de Bedos'' ne déboule pour terminer cette émission en riant.



J’avoue n’avoir jamais compris ce pseudo concept sociétal de ghettoïsation qui ne serait néfaste que pour eux. Autour de la placette à Nîmes, s’est installée la communauté espagnole : aucun problème. Dans le quartier Richelieu, les portugais : aucun problème. A propos des quartiers ‘’Chinatown’’ des grandes villes, personne ne parle non plus d'une influence néfaste qui s'exercerait sur la communauté dont on a pas obligé les membres à signer de force des contrats de location près de leurs frères. Je ne vois pas… Et qu’indique le seul fait que toutes ces populations soient rassemblées ? Cette volonté d’agrégation naturelle et souhaitée ? Qu’elles se plaisent dans leur communauté, ce qui ne leur donne en rien ce sentiment négatif inventé pour nous culpabiliser. Mais, mèfi ! Maintenant on vous traîne au tribunal pour ça. Meuh... il sera acquitté le Zemmour, vous verrez, c'est juste pour jouer les "Indignez-vous !" , ce cirque.



Dans ladite émission, on s’est encore inquiété des 18% estimés, de Marine Le Pen, car pour la population désormais apeurée et désorientée, un retour aux racines s’imposerait, les mots ''souveraineté nationale'', l’idée jadis ringarde de ''Nation'' lui étant redevenus rassurants. Et restent indignes pour d’autres, ses opposants de gauche, du centre et de droite. Une dernière provoc pour la route ? Provocation mais véridique : Il est super modéré dans sa déclaration, cet amour de la nation chez ceuss du Front Lepeniste quand même, par rapport aux communistes de Cuba où fleurissent partout des panneaux géants avec des radicaux :



PATRIA O MUERTE !



Une putain d’alternative radicale ! Bon, ben voilà, je crois que j’ai fini pour aujourd’hui, ne reste plus qu’à attendre la brillante contre-démonstration méthodique de l’ami Xavier qui vous l’avez constaté s’adresse plus aux élites, sa pensée étant plus puissante et philosophique que la mienne qui rase les pâquerettes du pragmatisme populaire, vu que c’est lui, le peuple, qui m’instruit des contorsions de la société : et moi qui ne recherche qu’à redresser des dos… n’importe quoi. Les toros ? Je les compte le soir, les toréant avec ma cape fantasmatique en mohair, pour m’endormir. Tunisie 1 – Algérie 0.



La gauche a abandonné le peuple et la droite la nation. JP. Chevènement

11 commentaires:

Xavier KLEIN a dit…

Marc, t'es vraiment pénible avec tes étiquettes et tes caricatures.
Je n'ai pas lu Hessel (et pas envie de le lire: je n'aime pas les modes), j'apprécie beaucoup Zemmour, qui est un type remarquablement intelligent et cultivé, je suis persuadé (je l'ai récemment écrit) qu'un ghetto se construit à deux, je suis sinon nationaliste, du moins patriote et par dessus tout je n'aime pas les discours raccoleurs et simplistes.
Enfin, je passe mon temps à m'engueuler avec mes petits camarades politiques, souvent pour les motifs que tu évoques.
Alors STP, cesse ces raccourcis caricaturaux qui ne mènent à rien, sinon à sourire.

Marc Delon a dit…

Xavier je suis persuadé que tu n'incarnes pas toutes les contradictions du monde. Ni même toutes celles que je relève.

Pour le reste, je suis bien persuadé que pour les intellectuels je prête à sourire avec mon discours simpliste - pétri de bon sens populaire ? - mais peut-être que, comme Guemriche a besoin de Zemmour, ceux-ci ont un peu besoin de mes observations qui ne doivent rien à des affinités idéologiques mais à ma pleine immersion ?

Une injonction de cesser ? ça ce n'est pas possible... on écris comme on est, non ? Et justement caricaturiste fantaisiste c'est tout ce que je suis ! Mes textes sont tout sauf importants, objectifs, longuement pensés, résultants d'études, non... je me défoule, je caricature, ça fuse dans une secrétion hormonale augmentée, dans la jubilation de l'écriture, à toute allure, de l'épidermique je te dis, pas du réfléchi comme toi, rien d'essentiel, qui ne reste ou marque, du jetable jour après jour dans une grisante liberté totale.

alors s'ils font sourire au premier degré, le but est atteint et s'ils font sourire au second tellement c'est simpliste - mais un ''simplisme'' qui dérange, hein ?- et ben je veux bien offrir mon petit corps à la cristallisation du désaccord, c'est pô grave...

Marc Delon a dit…

Sais-tu dans quoi je me reconnais le plus Xavier ? Ce que j'aurais aimé faire dans la vie : comique, showman, ceux qui poussent le trait le plus fort, qui caricaturent le plus. Quand j'entends les chroniqueurs de France-Inter jouer avec les mots dans un cruel humour, je sens qu'ils sont mes frères. Guilhon excepté qui ne m'a jamais fait rire. Mais quelle jubilation à écouter Didier Portes ou Daniel Morin. C'est ça que j'aimerais faire dans la vie ! j'adore Desproges leur maître à tous. Alors quand un jour une femme (Maja LOla) est venue ici dire la joie de sa découverte de ''ce blog aux accents desprogiens'', j'ai trouvé que c'était le plus flatteur compliment que j'avais jamais reçu.
Et même si je reconnais que c'est difficile à identifier, si je parle de toi, c'est parce que je t'aime bien, au travers de tes écrits. Et surtout pas parce que je te considèrerais mal.

Anonyme a dit…

"l’apostasie, cette conversion de musulman à la chrétienté". Si je peux me permettre, l'apostasie c'est exactement l'abandon VOLONTAIRE d'une religion et en particulier de la foie chrétienne, mais aussi le renoncement à l'Etat religieux ou sacerdotal, ou encore l'abandon d'un parti ou d'une doctrine. Personnellement, je ne pouvais abandonner une religion étant agnostique, j'ai donc choisi d'abandonner la doctrine du parti. Ceci par constat du communautarisme larvé et du non respect des principes laïques par une grande majorité de mes "camarades' d'alors, qui sont dans la mouvance de la cheftaine sainte Martine ou du père Noël à ma mère. Maintenant, face à leur grand principe de tolérance, je suis devenu un renégat. Ou alors ce qui les a dérangé, c'est qu'ayant vécu pas mal de temps dans un quartier dit difficile, je leur ai demandé d'aller y prendre résidence à leur tour parce qu'ils n'y avaient jamais mis les pieds sauf en tourisme oragnisé.
Décidément monsieur Delon, malgré notre rivalité internautique vis à vis d'Isa, vous me plaisez de plus en plus, surtout sous les aspects sociétaux. C'est mal docteur d'avoir été de gauche militant et d'apprécier certains écrits de quelqu'un qui à la base n'est pas comme moi ?
av d'Isa

Anonyme a dit…

Je retrouve mon ordinateur prêté en dépannage. Ces Jeunes, comme le dit si bien X. Klein, ont le droit de casser le leur et comme ils travaillent dur, il faut se priver pour les dépanner. Plus on se rend compte qu'on a tort de trop les gâter, plus on continue !
Donc je prends le blog en marche et dis un grand bonjour-bonne année à tous.
Et je m'indigne contre vous, Marc que j'aime bien : comment peut-on être intelligent et procéder à des généralisations aussi hâtives, les « gauches », ils lisent, les autres ils prient..., les cathos sont idiots... les femmes toutes cela...etc, etc..?
Quelqu'un que je n'appellerai pas « ami », m'a envoyé des voeux en me souhaitant de « m'indigner » . Venue d'un bobo plein de fric, cette leçon de morale-formatage à la Hessel ( la grand mode, qui a payé la brochure?) n'a laissé de m'indigner et pour rester polie, j'ai eu la lâcheté de ne pas répondre.

Gina

Marc Delon a dit…

Gina, le retour :

Vouais ! A bas les femmes et les cathos et surtout les cathos-femmes ! Beuuuureidnsbxgcxcvvnvbwark !

Sinon répondez-lui, en lui envoyant le lien de ma resena qui pue des Hessel...

les cathos me font chier Gina... De plus en plus... c'est grave ?
Bon sinon, on n'a rien foutu hein Gina pendant tout ce temps : même pas une petite resena de livre, nada... faudra aller vous confesser, de nous avoir abandonné ainsi.

Non av d'isa, c'est pas grave, mieux vaut être militant de toutes les bonnes idées d'où qu'elles viennent. Le problème c'est qu'il n'y a pas de parti pour ça...

ludo a dit…

t'as raison...
té, une idée qu'elle est bonne : si t'arrêtait de regarder la téloche ?
autrement dit , c'est quoi une bonne idée ? et une bonne action ?
allez, une bise. et t'as vu quoi pour le festival ? tes reseñas étaient très bien. pourquoi nous en priver ?

ludo

ps : xavier, Zemmour c'est ce type qui se dit victime d'une conspiration et qui dit qu'on ne peut plus rien dire. ben, alors c'est qu'il n'a rian à dire parce que quand tu vois son CV médias plus long qu'une juerga sans pringa, c'est cocasse comme position.note que je trouve ce procés irresponsable et déplacé : il a encore parlé.

Anonyme a dit…

Non, rien de grave Marc, chacun a droit a ses ressentiments! Et on en a tous, tant qu'on reste capable, la colère passée, de ne pas les étendre à toute une catégorie!!!!
Une resena, Patience !

Gina

Marc Delon a dit…

PCQ ce festival de flamenco me refuse l'accés à la photographie. Donc pas de photos pas de resenas... pas pris de place.
But infortunately, a friend of mine is going to give me tickets... so ... maybe...

ludo a dit…

JP Chevènement...JP chévènement ça me dit vaguement quelque chose...c'est pas un type né à CERES de la frontera avec un panache en forme de cheveux et qui , quand il croise des jeunes de banlieue, se prend pour un arboriculteur ?

ludo

Benjamin a dit…

excellent M. Pautier, excellent ;-)