vendredi 5 décembre 2008

LE BAISER


Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe pleine ;
Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli ;
Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l'ombre ensevelie ;
Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire
Les mots où se répand le coeur mystérieux ;
Puisque j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux.


Victor HUGO
Les chants du crépuscule

Le baiser d'Ivy et de Bruce Wayne (détail) par Brian APTHORP. Ivy donne un baiser mortel à l'alter ego de Batman. Seul un second baiser pourra le sauver. Apthorp représente l'homme en train de se perdre dans les plaisirs que lui instille la femme fatale de la bande dessinée.

7 commentaires:

bruno a dit…

Excuses Victor ,et excuses Marco vaste sujet et beaucoup d'interrogations sur les lèvres alors moi prefere le baiser de Zezette ca me coute un peu de salive mais garde mes neurones.

bruno a dit…

la réflexion est plus profonde que le baiser

Anonyme a dit…

Marc, vous nous avez gâtés ! Entre l’envolée lyrique de Hugo qui se retrouve dans la
fougue mouvementée du dessin d’Apthorp, et que moi, nulle en BD, j’aurais bien attribué à Klimt, on quitte Les Chants du crépuscule pour Le Crépuscule des dieux ; ne manque que Wagner.
J’aimerais connaître la chute de cette longue période amorcée par les « puisque ». Pouvez-vous l’indiquer ?
Gina

Marc Delon a dit…

La toile de Klimt la plus connue du grand public s'intitule "le baiser". Deux silhouettes longilignes et dorées avec, remarque imbécile de Kiné, douleur assurée pour madame vu la position de sa tête. Je commence juste à comprendre l'étiologie de certaines cervicalgies récurrentes que je n'arrive pas à soulager : ce serait donc des amoureuses passionnées. C'est bien la peine que je leur donne des conseils d'hygiène vertébrale, tiens...
Non Gina je n'ai pas la suite des Puisque... mais vous, dans vos étagères ?

Anonyme a dit…

voila la suite:
Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie
Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours ;
Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie
Une feuille de rose arrachée à tes jours ;

Je puis maintenant dire aux rapides années :
- Passez ! passez toujours ! je n'ai plus à vieillir !
Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ;
J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir !

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du vase où je m'abreuve et que j'ai bien rempli.
Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre !
Mon coeur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli !
victor hugo
isa

bruno a dit…

Isa ,Gina,Emma vous etes à ravir ,quelle culture et quel romantisme ,des perles de culture dans ce monde de machos.

Anonyme a dit…

Merci Isa ; il me reste à recoller les morceaux du poème.
Merci à Bruno qui prouve, comme Marc, que le monde ne contient pas que des machos.
Peut-être quelques Juliette sont-elles encore célébrées jusqu’à leur mort, par des poèmes.

Gina