dimanche 7 décembre 2008

Palaces Etoilés


Des amis ont un jour reçu un coup de fil étrange : c'était la direction d'un palace cannois, "Le Martinez" ou le "Carlton" je ne sais plus, qui appelait pour une offre alléchante :
- Vous avez été choisis en tant qu'amis de clients qui nous aidaient à établir la liste des défauts d'une nouvelle suite que nous allons mettre en vente bientôt. Etant indisponibles ils ont pensé à vous pour les remplacer : auriez-vous donc l'obligeance de venir y passer un week-end pour nous aider à peaufiner le confort de ce produit ?


- Combien ça coûte ? qu'il a rétorqué mon copain campeur émérite dont l'absence de distinction a toujours été le point faible et remarquable

- Mais monsieur, il n'est pas question de vous faire payer les six mille euros/nuit de cette suite, l'hébergement et le couvert seraient la contre-partie du service rendu, bien sûr...

- Deux secondes siouplait : Chériiiiiie.....? ça te dirait d'aller t'éclater aux frais de la princesse chez les peigne-culs ?

- ............

- Bon ok ça biche, on viendra !

- Bien Monsieur, c'est très aimable de votre part. Nous vous réservons donc la suite "Riviera Blanca" pour ce week-end. Au plaisir de vous accueillir et merci encore pour votre disponibilité...

- Ouais ! à toute...

A l'issue de l'expérience de ce luxe indicible, il fallut bien qu'ils se creusent les méninges pour rendre un petit rapport, montrer qu'ils n'avaient pas profité d'une manière éhontée et inutile du lieu. Le mari ne se fendait que de suggestions grossières, regrettant l'absence d'électrodes à impulsions électriques pour garder éveillée la clientèle car un tel luxe à un tel prix ne devait pas se gaspiller : ça valait pas le coup de dormir, on perdait du fric. Madame leva donc les yeux au ciel et prit les choses en mains. Au bout d'une heure de réflexion intense où elle tenta de se glisser dans la peau d'une starlette mal élevée et capricieuse, elle finit par admettre à propos de l'extraordinaire détente éprouvée dans le bain bouillonnant du jacuzzi en marbre de Carrare d'où elle avait télécommandé une télévision apparue dans l'épaisseur du miroir (prendre une inspiration maintenant, la phrase continue...) qu'on pouvait peut-être, si l'on tenait vraiment à appartenir aux chiantes invétérées incapables de respecter le travail des artisans de renom, trouver que le doux bourdonnement du mécanisme hydropulseur gagnerait à baisser d'un ton. Monsieur haussa les épaules, lui qui avait profité de ce moment pour se frapper la poitrine en poussant le cri de Tarzan et plonger dans les bulles pour honorer madame qui, on s'en doute aisément, s'en foutait alors pas mal du niveau de décibels d'un jacu-zzizi qui peinait à couvrir ses grognements de plaisir aquapropulsés.

Pourtant ce palace cinq étoiles fut insignifiant face au luxe d'une couche sous la voûte céleste du désert. Sous les millions d'étoiles de la Voie Lactée qui nous enveloppa durant les bivouacs du Chigaga dans le Grand Sud marocain, pas de personnel attentionné certes, ni de corbeille de fruits au salon, ni de bouquet de pivoines, ni de jolis flacons dorés dans la salle de bains, ni de balnéo.
La douche au pulvérisateur de jardin. Seulement l'espace infini tout autour, la beauté pure d'un paysage à couper le souffle, la plénitude d'une solitude heureuse, un horizon s'embrasant de tons oranges au crépuscule, pâlissant d'un camaïeu de roses à l'aube et dont on avait du mal à s'arracher pour reprendre la route du raid. Seul rappel à la vie dite civilisée, la chambre, une tente trois secondes Décathlon, vous savez celle qu'il suffit de lâcher pour l'installer. On la reconnait facilement, il faut trente-trois minutes pour la replier.



3 commentaires:

bruno a dit…

C'est extra, mais bon dieu que c'est plus agréable la simplicité.

Anonyme a dit…

On gagne à agrandir les belles photos roses, à les examiner de près pour mesurer la pesante aridité du désert. Pour comprendre à quel point nous Humains, comme le grain de sable figuré par la minuscule tente bleue, nous sommes insignifiants face à la lente érosion du temps et l’étendue incommensurable de l’espace.
Quant à l’hôtel avec ses étoiles, une anecdote,un détour, de l’humour à la Marc, une préparation aux choses sérieuses.
Gina

Anonyme a dit…

ce blog c est de l autosatisfaction d un homme , biensur, il se regarde et le pire il s admire si au moins il le faisait tout seul chez lui non il faut voir son narcisisme degoulinant sur un blog ( et vas y je suis un ecrivain et vas y je suis un photographe et vas y je me permet d emettre des critiques si les autres ne sont pas d accord et vas y je connais les femmes et j en passe des meilleurs ) non je ne suis pas une personne aigrie simplement abusée par tous ces pseudos néos écrivains alors je dis les photos avec photos shop c est trés jolies les citations aussi mais où sont les vrais pensées je vous l accorde je suis nulle en littérature en photos et meme en amour je suis peut etre la quinquagénaire décatie