Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

mardi 8 mars 2016

A la bonne vôtre !



Saint-Amour, Juliénas, Morgon…  que des bons souvenirs gouleyants pour nous tous j’en suis sûr…  Ce n’est pas ce super road-movie franco-belge qui vous détournera de ces appellations évocatrices de plaisir. Il est servi par deux monstres sacrés du cinéma, Depardieu et Poelvoorde et un petit dernier, Vincent Lacoste, qui ne dépare pas. Si bien que cet équipage embarque trois générations en carafe qui pourront s’identifier à loisir dans tous leurs travers et aspirations.


C’est à un grand moment de jubilation auquel je vous convie en vous incitant à aller voir ce film pour lequel vous devrez arriver tôt pour trouver une place, car le trio et le scénario fonctionnent si bien que c’est la cohue à la taquilla ! 
  

On pourrait dire qu’ils partirent déguster du vin et que ceux-ci avaient de la jambe tant ils découvrirent l’amour sur leur route. Ce film pas vraiment classé ‘’comique’’ suscite pourtant à maintes reprises l’hilarité générale de la salle, parfois même en avance du gag proprement dit, tant le comique de situation opère, notamment grâce à l’éblouissante performance de Poelvoorde – peut-être pas tant un rôle de composition que ça…- qui nous gratifie d’un véritable sketch au beau milieu du film sur les dix états – de décomposition avancée – de l’Ivresse (j’ai mis un grand i…). Désopilant, comme le retour mal géré d’un enterrement de vie de jeune fille croisé sur leur chemin.


Rajoutez la surprise de rencontrer un prix Goncourt en loueur miteux de chambre d’hôtes minable, doublé de la garantie d’être remboursé du prix de votre place par mes soins si jamais aucune de vos commissures n’a été centrifugée au cours de cette bobine – constat par huissier quand même – et pour une fois ne restez pas avachi dans votre canapé pour voir un énième épisode verbeux et sans génie de résolution de crime américain ou islandais, chiant comme la mort. 


Vous avez là, à portée de fine bouche, toute la subtilité, l’arôme et la saveur d’un Saint-Amour à consommer sans modération, encore meilleur le lendemain quand il a développé tous ses arômes de fragile humanité enfin oxygénée.


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Une critique qui donne envie de boire...euh oups de voir "Saint Amour"...Un film bourré de tendresse et d'humour, à voir !

Marc Delon a dit…

Tendresse, c'est vrai. Ce mot aurait du figurer dans mon compte rendu.