Adieu

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photo de Anya Bartels-Suerdmont

mercredi 23 mars 2016

Récupérer la Bravoure



Je viens de lire l’article « Récupérer la bravoure » de Purroy dans le blog ‘’Vingt passes pas plus’’ et je pense que si l’analyse de cet expert n’est pas à mettre en doute sur le plan purement taurin – et certainement pas par moi -  j’ai plus de mal avec cette phrase :

<<  Les gens ne reviendront  dans les arènes que s’ils perçoivent risque et émotion exposés sur la piste. >>

Comme j’aimerais que ce soit vrai… Mais je crains qu’il n’ait pas vu évoluer la sensibilité des gens – peut-être a-t-elle moins évolué en Espagne -  Je ne crois pas que le combat âpre et authentique intéresse encore les gens. Du balai, le combat, c’est du ballet qu’on espère. Je ne crois plus qu’ils soient à la recherche d’émotions fortes ; qu’ils aient l’envie de cette initiation lente et complexe pour sentir les arcanes de tous ces magnifiques détails qui font la tauromachie dans mes tripes, ma tête et mon cœur. Dans tout le romantisme de cette exception.

Je crois au contraire qu’ils veulent traverser ce moment sans qu’il leur en coûte le moindre questionnement ou ressenti bouleversant ; Ils veulent que ce soit un ‘’équivalent apéro’’ ou ciné ou resto, que ce soit un moment agréable, sans plus, dont on sortirait réjoui parce que tout c’est bien passé. Un petit passe-temps encanaillant avant d’aimer sa belle. On ressort intact, on s’est diverti en disant deux, trois conneries à son voisin, avec à peu près la même charge émotionnelle que si on avait assisté à une partie de pétanque, avec même un arrière goût un peu amer, dont on n’est pas très fier,  tout ce sang qui dégoulinait… était-ce bien nécessaire ? Qu’attend-on, à la vérité, pour inventer des banderilles qui à l’impact, poudreraient de noir le dos des toros d’une matière capable d’absorber le sang causé par la pique ?

Il n’y a pas lieu de déranger le confort mou de la société, surtout pas pour le divertissement suranné qui nous occupe. Dors tranquille djihadiste, emplis tes chargeurs et tue aveuglément, nous, nous continuerons à chialer, à allumer des bougies et à scotcher des dessins d’enfants… c’est moins dérangeant que de se révolter et puis n’est-on pas caché par le nombre et le hasard ? Alors, avec un peu de chance…on passera entre les gouttes de toutes les émotions. Enfin, au moins tant qu’on n’aura pas << Récupéré la bravoure >>  des toros. Mais pour ça il faudrait en avoir récupéré un peu soi-même.

6 commentaires:

Pedroplan a dit…

Au moins, nous, on sortira pas déprimés..

el Chulo a dit…

Très belle photo de très beau toro, qui ressemble à un requin. N'est ce pas Pedroplan?

Marc Delon a dit…

Exact ! ce toro a un aileron ! il doit y avoir la pique fichée en lui de l'autre côté (précision pour les ''nuls'')

Pedroplan a dit…

Non, non, c'est pas une histoire de pique, c'est vraiment un requin !

el Chulo a dit…

faut arrêter l'herbe qui fait rire Pedroplan!

Pedroplan a dit…

C'est mon côté nature, Chulo.