Les Gagnants :
El
Juli, Castella, Castaño, Ponce, les moins de 16 ans.

A
tout seigneur tout honneur, si j’ai gardé Castaño pour la fin,
c’est parce que ce torero modeste s’est grandi dans le combat de
six Miuras et a grandi avec lui ceux qui l’entouraient et aura même
grandi la tauromachie tout simplement. Loin des bulles et des
paillettes, ce modeste qui malgré sa réussite ne secouait pas les
bras ni cambrait le rognon pour recruter les ovations, aura réussi à
structurer et mettre en scène sur un long terme épuisant et Ô
combien dangereux, toute la valeur et la beauté du combat qui nous
passionne. Je n’oublierai jamais non plus ce grand toro de Miura
qui parcourut à deux reprises avec envie les cent mètres qui le
séparaient du cheval. Comme le faisait remarquer le chulo, célèbre
commentateur de ce blog, il ne serait pas injuste d’associer Casas
instigateur audacieux de cette affiche. Oui, parce qu'ici on dira ce
qu'on pense de lui en mal et en bien.
Les Perdants :
Les
toros qui comme les histoires d’amour finissent mal en général ; Simon Casas qui ne manque pas de doigté ; Solubilitus le faux preux
De
grands toros il n’y en eut pas d'autre que ce Miura pour le souvenir, et
on aimerait en voir plus. Mais comme les prix littéraires sont
trustés par les trois, quatre, grandes maisons d’éditions, comme
les films primés à Cannes sont issus des mêmes producteurs, les
toros de Nîmes viennent toujours des mêmes élevages ou origine. Ca s’appelle
des ''toros de garantie'' et ça ne nourrit souvent que la garantie de
l’ennui comme le faisait remarquer Victorina. Pour ma part, pour
une fois que j’étais au niveau du sol, cela m’a sûrement paru
plus spectaculaire que pour les spectateurs perchés.
Après
la main de ‘’Dieu’’ soit Diego Maradona et son but illicite
pour qualifier l’Argentine, il y eut cette année le doigt du
Diable puis son bras, disqualifiant Nîmes et le personnage un peu
plus. De tout temps j’ai pensé qu’il s’agissait d’un cynique
qui prenait volontiers les autres pour des cons. Je lui ai même
entendu le dire un soir de confidence lors d'un rincon. Maintenant,
je pense que si ce volet est une réalité, il y en a d’autres
aussi, comme par exemple souffrir d’être détesté chez
lui. S'y étant souvent employé lui-même, on ne peut pas vraiment
le plaindre... Il n'aura jamais vraiment su trouver le ton pour nous
convaincre ici. Pourtant même parmi ses détracteurs, l'angoissante
question ne trouve pas de réponse : qui pour être meilleur à
son poste sur Nîmes ? Du temps de Piles on s'était quand même
bien emmerdés... même si aujourd'hui il fait justement remarquer que si Casas était entraîneur ou président de foot il serait interdit de stade !
Parfois génial communicant il est parfois aussi
très maladroit : « je suis un artiste, un humaniste, une star
internationale » etc, soit toute chose qu’il n’y a jamais
lieu d’auto-proclamer et dont il faut laisser l’autre juger, en
toute modestie, c'est la moindre des bienséances. Je profite de ces lignes que vous relirez à loisir
pour préciser à celui, tenté par la calomnie, qui m’a soudain
décrit « soluble dans le callejon » qu’il n’y a qu’à
lire mon blog pour s’apercevoir que c’est un blog d’auteur et
non pas de presse, comme le sien peut-être, et que je n’ai pas
d’inquiétude à nourrir sur un carottage éventuel de
laisser-passer pour la contre-piste car je n’ai jamais imaginé
l’avoir avec constance. Cela faisait 54 ans que je n’en avais pas
eu (et jamais demandé ! ) et que cela ne me manquait pas…
J’ai toutefois grandement apprécié d’y être pour les photos
que j’ai pu faire au plus près de mon désir de cette série de
portraits d’avant course, j’en remercie chaleureusement celui par
qui cela a été possible qui n’est pas Simon Casas et qui m’a
fait remarquer qu’avec tout ce que j’en avais dit (dans « Toros »
, dans mon blog…) « je ne devais pas beaucoup l’aimer » prouvant par là son son ouverture d’esprit.
Je
n’ai jamais demandé d'accréditation à Nîmes, mais à faire en
ces lieux l’inventaire de ceux croisés dans le callejon, je ne
pense pas être le plus illégitime pour rendre compte même en ne
disant exclusivement que ce que je pense… De plus je suis
super-compact : certains ont pour le même site un chroniqueur
et un photographe, moi je fournis un ''deux-en un''. Saisie,
secrétariat, mise en page, etc, un vrai couteau Suisse !
Je
trouve bien sûr ces suspicions ridicules, à mon endroit en tout cas, elle
n’émanent le plus souvent que de beaufs frustrés de pouvoir et de
considération et ne visent par défaut et rebond qu’à
s’auto-encenser. Je me méfie de tous ces preux chevaliers qui
lavent plus blanc que blanc sautant sur la moindre soi-disant
ambiguïté pour suspecter l’autre avec qui l’on prétendait être
ami. ‘’Solubilitus’’, désolé, j'ai bien noté que j'étais
visé mais n'ai jamais ressenti être atteint ; regarde au
zénith, gare à ton cul, ta flèche revient ; toi et ta
rancœur, je vous emmerde d’autant plus que ces allusions non
fondées ne trahissent que la vulgarité d’états d’âme que tu
me prêtes mais qui en fait t’appartiennent. Moi je n'aurais
jamais une vie si étriquée que le fait d'avoir ou non accès au
callejon me fasse me renier ! Pour toi par contre, vu le
raisonnement qui préside à ta réflexion cela doit quasi équivaloir
à la quête du Saint Graal. Allez, courage, tu l'auras un jour, tu
l'auras...
9 commentaires:
Oui...
On est souvent dur avec Simon Casas. Surtout les siens de chez lui, surtout ceux qui s'y connaissent, qui partagent le même savoir que lui.
Un cynique de notre temps n'a rien à voir avec un Diogene de l'époque antique. Le sens de ce mot a perdu sa vertu et sa sagesse au fil du temps.
Mais de sagesse et de vertu le commerce partout dans le monde n'en a point... C'est sa règle de ne pas en avoir et de prendre la multitude pour des cons...
Casas est le patron d'une entreprise de spectacle. Il possède à mon sens la première des qualités qu'un patron se doit d'avoir pour vendre du spectacle, il a le charisme, ( le charme qui t'endort, et alors?) Personne en France dans ce milieu n'a acquis une telle légitimité, il me semble irremplaçable. Vous ne croyez pas que vous êtes un peu trop juge avec lui ?
On ne juge que ceux qui luttent, que ceux qui tentent de dénouer le combat, que ceux qui tentent de trouver place au milieu des autres, (une entreprise au demeurant si vaine).
Casas, on le sait bien, ne veut pas des autres au final. Ce qu'il cherche avant tout c'est son identité, autrement dit lui-même. En ce sens il se rapproche des cyniques anciens qui prônaient l'autosuffisance.
Laissons le mûrir sa vie d'artiste, toucher sa solitude profondément. Il laissera les clés dans peu de temps je crois, et là c'est certain, on l'aimera davantage, on finira même par le regretter...
Musil
"Vous savez, ce qui est très important pour un autrichien de mon espèce, n'est-ce pas, c'est l'ironie. Musil sans ironie, c'est impensable. L'ironie, c'est une nécessité de résister... au côté atroce de notre temps. Un ironique ne se mêlerait jamais dans la politique, dans l'action. ça, c'est anti-ironique, et s'il le fait, il devient cynique n'est-ce pas?"
Bravo pour tes commentaires objectifs,en effet les toros sont plus impressionnants du callejon que des amphis et merci de le souligner.
Je suis ravie pour toi que tu aies passé ton WE dans le callejon, cest une vraie experience a faire, tout aficionado devrait y passer pour se rendre compte de la charge du toro qui arrive plein galop,te regarde droit dans les yeux, s'arrête aux planches et te fixe...
Victorina
muy bien surtout le couplet callejonesque. moi, j'aurai attendu 64 ans et ne dois qu'à mon frère d'assister à une corrida par an dans ces conditions. je n'ai par ailleurs jamais rien dermandé et c'est toujours lui qui me le propose.
voilà donc, en ce qui me concerne je pense que si le callejon est bien placé c'est une façon géniale de voir la corrida auttrement, au milieu des professionnels, je parle des cuadrillas et des toreros. Les commentaires valent parfois leur pesant de cacahuètes.
il n'est reste pas moins que lorsque je rejoins ma place, je me sens vaguement honteux d'être si heureux.
m'ouvrant à un ami influent de ce problème il m'a dit de ne pas m'en faire et d'en profiter car beaucoup n'avaient pas plus leur place que moi dans ce cercle.
en tous cas, mort aux cons!
Oui Pierre, qu'on regrettera Casas quand il n'y sera plus, c'est certain. S'il n'y en a qu'un qui n'est pas "mondialisé" dans la forme et dans le fond, c'est bien lui. De plus il a un parcours quasi romantique qui ne se verra plus...
Maintenant il n'y a qu'à lire ses interwiews ou ses annonces pour se tordre de rire... ou savoir que vraiment pour dire des trucs pareil il doit nous prendre pour des imbéciles... (ce qu'on est peut-être ? )
Je crois d'ailleurs que beaucoup de Nîmois ont de la tendresse pour lui, qu'ils savent qu'il essaye souvent de les avoir, mais ils aiment ça car c'est tellement incroyable d'entendre un type oser ce que tout un chacun ne se permettrait pas... C'est comme une histoire marseillaise dont personne ne serait dupe...
j'ai oublié un argument de poids anti-solibilitus :
quand je me permets de dire ce que je pense sur Casas alors qu'il finance un prix Hemingway que j'aimerai tant gagner (ouais Pierre, moi aussi...) je crois que je fais suffisamment la preuve de mon indépendance.
C'est vrai qu'on rigole plus avec Casas que jadis avec Ferdinand
Morbleu... le pedroplan doit avoir la cinquantaine bien tassée !
Eh oui, on vieillit doucement à force. Mais j'ai quand même pas connu l'époque Sauze
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