Adieu

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photo de Anya Bartels-Suerdmont

dimanche 27 mai 2012

Castano pas si seul contre six

Tuer un toro est un exploit. C'est très fort. En tuer six d'affilée est encore plus fort... Tuer d'affilée six Miuras est vraiment très très fort, une montagne pas vraiment à la portée du premier piéton venu. Et tuer six Miuras d'affilée en soutenant constamment l'intérêt du public, en osant des trucs jamais vus, en galvanisant et faisant briller toros et cuadrillas qu'est-ce que c'est ? Un authentique et rare exploit d'un petit torero du monton qu'on pensait trop corto pour assurer seulement le principe minimum : ne pas ennuyer en tuant seul six toros... Un petit torero qui ne se la pète même pas, en qui la majorité bavarde avait de gros doutes, qui était dans le patio de caballo aussi décontracté que si allaient sortir tantôt six mouflons du Carroux, voici javier Castano, trente-deux ans, originaire de Salamanque, seulement connu des aficionados qui se déplacent dans les arènes où le toro combat durement. Ah oui, petit détail qui tue, donc, il faut vous dire que javier Castano tue des toros retors avec à peu près la même facilité que vous pour monter une mayonnaise. C'est son job, voyez... lidiador. Il est équipé pour, toutes options confondues comme bagage technique, courage inébranlable, vista, etc...
Et alors qu'on ne s'en serait jamais douté, ce torero orchestra savamment l'après-midi exploitant à fond la lecture savante des toros qu'il a comme celui qu'il fit placer sous le toril et qui chargea depuis là-bas, à deux reprises, un piquero qui le citait depuis la présidence ! Fabulous ! Cinq piques pour lui. Même si les toros de Miuras ne sont plus les guerriers d'antan, ils conservent quand même des caractéristiques typiques de la ganaderia comme celui qui fila un monumental coup de boule au frontal du cheval au lieu d'humilier dans le peto. Mon bonheur aurait été complet si les berceaux avaient été plus larges. Pas pour ajouter au surhumain, juste pour être plus Miuras !
Castano nous a presque tout fait : un recibir depuis la Placette, fermement aguanté et fulminant, toréer debout, à genoux, assis sur une mauvaise chaise de cantine SNCF dont Morante n'aurait pas voulu, toréer de près, citer de très loin, il a vraisemblablement su galvaniser ses peons qui plantaient des banderilles au quiebro le long de la barrière, des piqueros exemplaires et des toros mis en valeur. Conclusion ? Il est déjà dix heures et demie et une autre course pointe son nez dans une heure : à bientôt !

2 commentaires:

Pedroplan a dit…

Eh bien, une tarde comme ça, on en sort revigorés, non ? Ca veut dire que cette passion ne rime pas toujours avec déception. Ca veut dire que c'est vivant, la corrida, et que les gens qui étaint là n'oublieront jamais de qu'ils ont vécu ce samedi. Ca veut dire qu'avec des toros, des vrais, et un type en face, un vrai, même si ce n'est pas un génie, la grosse grosse émotion est là. Du coup, j'ai pensé à Pepe Limeno avec ce toro de Tulio Vazquez. En 1970. Il n'y a que les ancêtres qui s'en souviennent. Je suis donc un ancêtre.

Pedroplan a dit…

Er du coup, on s'est avalé les douze purges du dimanche sans rouspéter parce qu'on se pinçait encore.