
Mais
d'abord un mot sur les toros. Si j'étais torero, je pense que
j'aimerais bien. En tant que spectateur, bof. Torrehandilla n'est pas
le mariage de Torrealta avec Jandilla, non... mais c'est du Juan
Pedro pur jus et hélas parfois pur sucre... qui obtint un batacazo
par embrouillamini des papattes à tout le monde. Et aussi quelques
beaux primo-impacts dans le peto, venus de loin, mais hélas sans
fond. Peu piqués pour leur conserver des forces, il leur arriva
quand même d'en manquer, surtout pour la deuxième prestation
de Juan Pablo Sanchez qui nous avait alerté sur la justesse de son
temple et la douceur de son art à son premier. Sinon, de jolis toros
bien roulés et armés, avec de la charge, mais faibles et donc
souvent compliqués au troisième tiers.
La
brute, c'est l'équipe nationale espagnole de ski : El Fandi,
reconverti dans les toros depuis lurette. Dans le patio de caballos
d'ailleurs, il s'échauffe comme un sportif car la prestation aux
banderilles va être explosive. Il est le roi, l'empereur des
bâtonnets, en un mot, le meilleur de la planète à ce jeu sans nul
doute. Un soliste virtuose du ''Al Violin''. La puissance
quadricipitale de Savalli, la science d'Espla, le fighting spirit de
Padilla réunis dans le même homme. Il plante et replante les colored
sticks dans toutes les positions, rétro pédalage incurvé-templé
inclus.
Je
poursuis avec constance – et à vrai dire avec plus d'intérêt
photographique que les faenas - ma série intitulée
''Waiting for the Bulls'' ou ''Esperando los Toros'' pour faire chic.
Et il est vrai qu'à voir les toreros durant ce moment-là on a déjà
des indications sur leur personnalité et presque sur leur
''actuacion'' à venir. Fente avant et latérale pour le Fandi,
étirement des adducteurs, stimulation des mollets, vérification de
la flexion en charge sur les genoux, le type va dépoter aux
banderilles !
Ce
n'est pas le cas du mutant, cet artiste en devenir, calme et
concentré avant la course. Me reste dans la rétine ce dédaigneux et somptueux renversement de cite sans perdre un millimètre de terrain. Juan Pablo Sanchez calme et esthétique
coupe la première oreille de cette feria. Pourrait se croiser un peu
plus pour émouvoir et transmettre mais comme le disait mon voisin :
- Eh non, il ne peut pas se croiser plus, il pèserait trop sur ce toro faible...
Et
voilà donc la boucle bouclée. Sinon ? Que pensez-vous de notre
alguacillila ? Mmm ?
1 commentaire:
on dirait beatrice dalle en femme!
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