Adieu

Adieu
photo de Anya Bartels-Suerdmont

dimanche 29 janvier 2012

Pourquoi allez-vous voir les corrida ?



DU SOLEIL A L’OMBRE


Mon aficion a commencé d’une manière très quelconque, par hasard même. Personne dans ma famille n’est aficionado, mais je suis né dans le Sud Ouest, dans une région où aller aux corridas est une chose ''normale'' - on aime ou on n’aime pas, mais la corrida y fait partie du décor- Je me rappelle un copain dont le père était fou du Cordobes, ou de peintures de corridas accrochées aux murs des appartements. Mais on n’en parlait pas, chez moi, parce que ça n’intéressait personne.



Ma première rencontre avec la corrida s’est faite par hasard. Abonné à Canal + pour le sport, j’ai regardé par curiosité une corrida. Ma première réaction a été plutôt négative, plutôt dégoûté. Mais j’en ai regardé une deuxième et une troisième, et cela m’a plu davantage. J’ai ensuite acheté des places a Bayonne, et j’ai vu quelques corridas.



Très vite, je me suis rendu compte que je ne comprenais pas ce qui se passait et que cela m’empêchait d’apprécier le spectacle. Comme l’a dit le rugbyman Fabien Galthié : « on ne peut comprendre la corrida que s’y on a été initié ». J’étais fasciné mais sans comprendre pourquoi. Ne connaissant personne pour m’initier et comme j’aime lire, je me suis constitué ma bibliothèque taurine et j’ai appris, confrontant mes connaissances théoriques à ce que je voyais dans les arènes ou à la télévision. J’ai lu les ouvrages d’explication (Popelin, Jean Pierre Darracq, Del Moral) ainsi qu’un livre qui m’a marqué : Torero d’Or, qui commençait à m’expliquer le monde des toros ou plutôt des toreros, au-delà de la conduite de la lidia. Je me suis également abonné à ''Toros''.



Rapidement, je me suis rallié aux arguments des aficionados toristas, sans doute influencé par mes lectures et l’ordre dans lequel je les ai lues : le toro, le toro et le toro. Cela m’a permis de bien comprendre la corrida. Je reste convaincu que le toro est la base de la corrida et que seule une lidia appropriée au toro et aux règles de la domination de l’animal a une valeur, mais j’ai aussi évolué : je ne considère plus le toro comme seul protagoniste digne d’intérêt dans la corrida. J’ai vu des corridas avec des toros-toros mais intoréables. Pas une passe. Par contre, je pense qu’il faut un tercio de piques bien construit - toro bien accueilli a la cape, bien placé et bien piqué- et une faena bien construite. Il faut d’abord soumettre le toro, le faire charger, utiliser les passes adéquates, véronique, naturelle et derechazo, pour ensuite pouvoir utiliser des passes d’ornements. Qu’y a t-il de pire qu’un toro qu’on n’a pas toréé ? Quitter la corrida en se disant, c’était joli mais…



Je pense que pour bien comprendre la corrida, il faut commencer par regarder le toro. Ce sont les fondamentaux de la corrida : améliore-t-on le toro, le fait-on charger ou le regarde-t-on passer ? C’est l’histoire du train qu’on fait dérailler ou qu’on regarde passer. C’est la démarche basée sur le toro d’abord que je proposerais à tout novice. Ensuite, on peut regarder autour. Je reprends une citation d’Antonete : « Pour être un bon aficionado, avant d'être torerista, il faut être torista. C'est seulement ainsi que l'on comprend le toro et que l'on sera juste avec les toreros. » Par contre, au bout d’un moment, je me suis senti limité dans une approche exclusivement torista. Je me suis rendu compte que beaucoup trouvaient de l’art dans la corrida et que mon approche rigoriste m’en privait. Inversement – et il suffit d’entendre les débats toristas/toreristas pour s’en convaincre – je ne crois pas qu’une corrida uniquement construite pour un torero soit intéressante. Il faut un minimum de toro. Tout l’équilibre que je recherche désormais est entre ce minimum de toro qui donne au spectacle son authenticité et sa valeur, et ce maximum qui ne donne que des satisfactions purement intellectuelles, voire aigries ( où est la satisfaction de constater que personne ne sait affronter les monstres ? ).


C’est ce chemin que j’essaye de parcourir désormais : trouver une corrida dans laquelle les toros sont respectables, la lidia bien construite, sans tomber dans une austérité appauvrissante, avec de l’art. Comment sortir de cette ambiguïté ? De l’art certes mais pas au détriment de la lidia. Une bonne lidia, mais avec des gestes. Un bon toro, brave, farouche, combatif mais toréable. Il me manque des yeux pour arriver à suivre ce toro, cette lidia, avec toute la concentration nécessaire, à étudier le placement du torero - de profil, croisé…-, les réactions du toro, tout en conservant le relâchement nécessaire pour se laisser envahir par l’art d’une naturelle templée avec goût. C’est ce que je recherche aujourd’hui, mais j’y parviens mal, ou alors à retardement. Une approche rigoureuse – pas rigoriste – de la corrida pousse hélas à relever les défauts ( oui, mais…) et ce n’est parfois qu’après la course que je réalise que ce n’était peut-être pas si mal, que cette faena était de bon goût. Une approche rigoriste, pour moi, pousse à chercher les défauts, et qui cherche trouve.



Pourquoi vais-je aux corridas ? J’ai du mal a le dire. Je trouve fascinant qu’un homme puisse affronter un animal si dangereux, si impressionnant et qu’il le fasse non seulement en respectant des règles, mais en essayant d’y mettre une esthétique, une expression. Qu’il nous fasse oublier le danger, qu’il s’attèle a ce problème, façonnant son adversaire, le soumettant sans forcement le violenter, à faire ce que bon lui semble. Sans doute aussi y a t-il dans la corrida une vérité, la vérité : celle de la vie et de la mort. Celle d’une mort que l’on accepte et que l’on regarde. D’une mort sans honte, pas la mort cachée des abattoirs, que l’on donne - ou que l’on devrait donner - de la plus sincère des façons : en offrant sa propre vie. Pourtant il n’y a en moi aucun voyeurisme. La mort, la violence, la souffrance ne sont pas des choses que j’aime. Je ne regarde pratiquement aucun film violent, justement parce que je les trouve généralement exhibitionnistes. Ce n’est pas la violence qui me choque, c’est son exploitation. Or la violence et la mort, dans la corrida, sont modestes, généralement pleines de pudeur. Il n’y a pas de scène horrible, du moins de mon point de vue, alors que je pense être plutôt sensible de ce côté-là. Je ne trouve pas de violence dans la corrida, tout en comprenant à quel point ce que j’écris peut paraître paradoxal.



Vérité aussi dans les rapports avec le toro : il faut respecter l’animal qui va mourir, le faire passer, l’éduquer a la corrida, le toréer en le respectant, le tuer en le respectant également.



Vérité encore dans l’expression d’un art, d’un combat qu’on ne peut prévoir, préfabriquer. Tous les toros sont différents, et il faut s’adapter à chacun. Pas seulement pour en triompher, mais aussi pour créer une œuvre éphémère. Et pas question de tricher, sauf à refuser le combat et à laisser sonner les trois avis, tout toro, même faible, même afeité, peut donner la mort a chaque instant. Qui n’est pas sorti déçu – ou au contraire enchanté – d’une corrida ''écrite à l’avance'' et qui a déjoué tous les pronostics. Je n’avais jamais vu ''El Tato'' toréer, et j’en avais lu le plus grand mal. Je l’ai vu à Mont de Marsan en juillet 2000 sortir LA corrida devant des Victorinos qu’on ne soupçonnera pas d’être des animaux commerciaux. Apparemment, cela a été sa corrida de l’année, son grand triomphe. Mais quel régal de voir ces toros difficiles mais qui avaient tout à offrir à qui savait y faire. Et ce jour la, Raul savait. Son début de faena a son deuxième par doblones, genou bien plié, en gagnant le centre, en faisant charger le toro comme il le fallait, en lui donnant la sortie, avec goût et domination, est encore dans ma tête. Et je suis sorti de là en ravalant mes préjugés. Tout ce que j’avais lu était sûrement vrai, et peut-être ne le verrai-je plus jamais toréer aussi bien, mais ce moment imprévu est là, il existe, et il n’existe que dans ma tête et dans celle de ceux qui ont vu et qui ont apprécié. Inversement, Caballero dont je lis le plus grand bien ne m’a jamais ni ému, ni impressionné par une lidia d’autorité. Il est essentiellement un torero de muleta et pas le plus esthétique a mon goût, ni connaisseur comme un Ponce. Mais la magie de la corrida se cache aussi dans ces surprises, et dans ces déceptions que nous aimons malgré nous : si on savait prédire le déroulement d’une course depuis l’affiche, ce serait simple. Nous le faisons tous, mais avec les divines et funestes surprises du jour J.



Vérité aussi dans l’aficion du torero. Figuras, sans doute, aux salaires mirobolants et aux exigences démesurées. Mais je ne peux pas croire un instant qu’on envisage la tauromachie comme un métier. Bien sur, certains jours, on voit bien que le maestro n’a pas envie, qu’il ''fait le métier''. Mais comment affronter cette peur, ces blessures, sans une aficion débordante ? Comment risquer sa peau dans un festival bénévole si ce n’est par amour du toro. Comment ensuite ne pas remarquer à quel point la tauromachie semble être un art totalement intériorisé en voyant toréer certains maestros ( on pense a Jose Tomas bien sur, mais a beaucoup d’autres aussi ). Ceci est un mystère que j’aimerais comprendre : qu’est-ce qui fait toréer les toreros ? Que ressentent-ils qui nous est inaccessible ? A cet égard, la correspondance entre Luis Francisco Espla et Jacques Durand dans le livre ''Toro'' a été pour moi une lecture extraordinaire.



Mais si vérité il y a, elle n’est que subjective, fugitive, partielle et partiale. C’est aussi le charme de la corrida. Discuter avec mon voisin et voir les mêmes choses, ou le contraire.



Un autre de mes intérêts est l’élevage du toro : comment, avec des moyens dont certains sont artisanaux, si on compare à l’industrie agricole, peut-on générer ces toros qui auront – idéalement – le caractère voulu, sans les entraîner spécifiquement au combat qui les attend. Qu’est-ce qui fait que le toro répond à l’appel du torero, et se laisse, malgré lui, emporter dans ce ballet ?



Mystère encore dans cet affrontement, ce combat qui n’en est pas un. Si on excepte la pique, la lidia n’est pas un affrontement direct, c’est un jeu de leurre, de directions suggérées, que le toro finit par prendre, sans vraiment comprendre ce qu’on lui fait. Magie des leurres qui emmènent le toro à charger comme on le veut, sans même le toucher.



Mon travail m’a amené il y a bientôt 18 mois aux Etats Unis. Loin de la corrida, bien sur, si étrangère aux américains (Hemingway n’est qu’une exception, peu lu et vu ici comme décrivant un monde pittoresque et pour tout dire un peu sauvage). Le Mexique est à huit heures d’avion. Lié à mon travail, à ma localisation parisienne et à mes jeunes enfants, je ne courais pas particulièrement les corridas de France et d’Espagne, mais elles étaient là, offertes avant mon expatriation. Je n’avais qu’à le décider pour y aller. Depuis, bien sur, les choses ont changé. J’ai heureusement découvert que les nouvelles technologies permettaient de garder le contact (internet), mais quand l’été dernier je suis rentre en France pour 15 jours, je me suis abonné aux fêtes de la Madeleine, avec la volonté de déguster les seules corridas que je verrais pour l’année. Et je me suis régalé. La formule d’abonnement a fait que j’ai assiste à 5 corridas très différentes les unes des autres. Pour caricaturer, 2 corridas toristas et 3 corridas toreristas. Mais j’y suis allé avec l’enthousiasme de celui qui sait que chaque minute compte. Bien sur, les toros des trois corridas toreristas ne m’ont pas plu : faibles, petits, commodes d’armures et un peu niais pour certains, mais j’ai vu des gestes, le temple d’un Morante, une estocade de Caballero. La corrida de Victorino était très bonne, et, je l’ai dit, El Tato s’est hissé à son niveau. Et puis, comment ne pas goûter la diversité des genres : un Fernandez Meca, toujours probe et sincère, un Ponce froid certes, mais dont la science taurine parait illimitée, un Juli enthousiaste, puissant … et un rien cabot, un Tomas renfermé mais a l’art si profond… Pourquoi les comparer ? Pourquoi demander à Morante d’affronter des Palha ? On aimerait bien, certes mais qu’est-ce que cela donnerait ? J’ai longtemps eu cette exigence et au fond de moi, je l’ai encore un peu, j’ai longtemps considéré le matador comme un faire valoir dont le seul rôle était de combattre dans les règles de l’art en mettant en valeur le seul protagoniste intéressant : le toro. J’ai mis de l’eau dans mon vin. Je n’aime pas qu’un torero fasse son numéro indépendamment du toro, mais entre ces deux extrêmes, j’ai trouvé de la place.



Peut-être ce sentiment de rareté m’a-t-il rendu plus ouvert à ne pas en perdre une miette. Mais comme tout aficionado, je crois, j’ai quand même un peu râlé. Juste parce que ce que nous cherchons tous, cette corrida idéale, n’existe pas. Parce que devant une figura, le toro ne sera pas assez toro. Ou l’inverse. Juste parce que cette corrida idéale a venir, ou passée et présente dans nos souvenirs n’a aucune objectivité. Nous en avons l’image que nous voulons, que nous construisons à loisir, une image d’idéal. Etre aficionado c’est être idéaliste, parler de ceux que nous n’avons jamais vu toréer, transformer nos souvenirs, construire une corrida de rêve.



Une autre chose que j’ai apprise, c’est que la corrida n’existe que dans nos esprits : interrogez les spectateurs d’une corrida : qui a vu la même chose ? Alors pour faire vivre ces impressions fugaces, nous avons besoin d’en parler. Ce n’est qu’après quelques années que j’ai prolongé les corridas par les tertulias, et désormais éloigné, par ces forums sur Internet. Je pratique assidûment la course a pied, et mon expérience existe par elle-même. Je peux mesurer mes performances et je n’ai pas besoin d’en parler. Mais pour mon aficion c’est impossible. Les mots doivent compléter, confirmer ou infirmer nos impressions, ne serait-ce que pour rendre réel ce que nous avons vu, ou ce que nous croyons avoir vu. Je suis également fasciné par le fait que nous cherchons tous LA corrida idéale, unique, immuable, éternelle. Pas d’évolution, ce qu’on cherche c’est une chose dont on croit qu’elle est déjà arrivée et qu’on voudrait voir se reproduire, autre mais identique. Pas de modernité dans la corrida, c’est une pierre philosophale qu’on recherche.



Quels sont les moments les plus beaux de la corrida ? Bien sur, comme tout le monde, une faena bien construite, jolie, artistique. Mais c’est là un lieu commun. Il faut aussi traîner autour des arènes avant la course, voir arriver les toreros, puis gagner son siège, saluer ses voisins en espérant qu’aujourd’hui … C’est aussi cette ambiance d’espoir, de tension, de magie, d’enthousiasme ou de déception, les phrases chuchotées a son voisin, cette tension pour ne rien rater. Le moment de la course que je préfère, c’est toujours l’entrée du toro, ces secondes entre l’ouverture de la porte de toril et la sortie de l’animal, le moment où l’on essaye de deviner comment est ce toro, et les passes de cape, données à toro vif, au seul moment où le toro intact donne toute sa force au matador. Ces moments où on passe d’une charge brute sur laquelle le maestro n’a aucune prise, à ces véroniques qui commencent a éduquer le toro.



Voilà. J’ajoute que mon aficion a un peu plus de dix ans, mais cinq de passion démesurée, et que de ces quelques années, je garde une tendresse particulière pour Rincon, sa joie de toréer, la difficulté de sa tauromachie, ses cites de vingt mètres, sa spontanéité.






Nicolas Guyot de Camy

25 commentaires:

Anonyme a dit…

j'aime moins le texte un peu scolaire que la camisa negra prête à craquer...

el Chulo a dit…

no comment!

el Chulo a dit…

ah j'oubliais. Cest des PIP?

Marc Delon a dit…

Etant donné que je vais recroiser cette dame dans un couloir sombre de l'arène un jour où l'autre où je n'aimerais pas prendre un coup de talon aiguille mal placé, je préfère rester respectueux et élogieux et te dire que ne me connaissant pas, elle ne m'a pas donné les moyens de cette expertise et que si je me suis permis de la prendre en photo c'est pour que sa beauté soit louée. Osanah au plus près des cieux... Parfois, l'observation de certaines créatures serait capable de faire crore en Dieu...

(le premier qui rétorque qu'on ne sait plus à quel sein se vouer ne commentera plus jamais...)

el Chulo a dit…

mouais, un peu jesuite le marcos, et faux cul!

el Chulo a dit…

oui, en fait l'illustration était la seule chose remarquable du texte!

Marc Delon a dit…

j'aurais un faux cul et elle de vrais seins ?

el Chulo a dit…

j'ai pas dit ça!
on peut avoir un faux cul ET de faux seins!

Anonyme a dit…

Eh bien, moi, je dirais, Messieurs, que des seins de ce type, il y en a beaucoup de par le monde mais des essais aussi complets, aussi finement analysés que celui de Guyot de Camy à propos de la corrida, dans un français aussi parfait et avec autant d'hésitation, de réflexion et de modestie, ça ne court pas les ouvrages de Lettres et encore moins les devoirs d'élèves de terminale ou d'université. Voir les dernières remarques de Xavier Klein à ce sujet.
Gina

Marc Delon a dit…

Eh bien, moi, je dirais, madame, qu'il est faux de croire que des seins de ce type courent les chemisiers, et qu'avec Nicolas on n'est pas en classe de cinquième, ce texte analysant plutôt naïvement son entrée en aficion, plus que s'approchant du mystère induit par la question...

el Chulo a dit…

mouais, je pense aussi à ce morpion de duende!

Anonyme a dit…

C'est de la fausse naïveté, il réfléchit avec un souci de précision et de sincérité. Il fait le tour de la question...avec son cerveau.
Gina

Marc Delon a dit…

C'est de la vraie ingénuité, il tâtonne comme le débutant qu'il est, très loin de faire le tour d'une si vaste question. J'ai connu Nicolas à St Vincent de Tyrosse et nous en avions parlé.
Ces profs... supportent pas de ne pas avoir raison...

Anonyme a dit…

Peutangggg ! mettez-vous d'accord on ne sait plus à quel PIP se vouer...

el Chulo a dit…

gina chérie, j'ai le regret de vous dire que je suis d'accord avec marcos!mais l'acte d'écriture est toujours respectable!

Anonyme a dit…

Chulo, pour cette fois, je pardonne, mais le Marcos s'arrange pour qu'on ait des dents, voire des crocs contre lui !

Gina

Marc Delon a dit…

il est normal que ce texte soit apprécié par Gina, elle s'y retrouve, elle est toute débutante aussi. A cette époque, Nicolas en bon ingénieur qu'il est (si je me souviens bien) m'expliquait qu'il procédait scientifiquement : il notait ses ressentis et les comparait avec les resenas de la revue ''Toros'' pour voir s'il avait bien vu, en quelque sorte. Il en était au B-A ba de la compréhension technique de la lidia, de la découverte du comportement des toros, etc...

Chulo, quatre heures de colle...

Marc Delon a dit…

Et pourtant... ''Toros'', c'est pas l'évangile, si ?

Anonyme a dit…

Pour éclairer le questionnement existentiel si controversé sur la nature des rondeurs triomphantes du chemisier noir il suffirait de ....
voir le visage de la dame trop occultée par lunettes et chevelure !

Pour le texte sur la corrida : trop techniquement fouillé, scientifiquement décortiqué.

Anonyme a dit…

Eh bien moi, loin de vos turpitudes comico-scientifico-taurines, j'ai apprécié le confession de Nicolas, que je ne connais nullement par ailleurs- Suerte a todos

Pedroplan a dit…

ET POURQSUOI J'Y VAIS, MOI, AU FAIT ?
Il arrive que ça arrive : ça étreint, la gorge, la poitrine ; ça va jusqu’à embuer le regard ; ça laisse vidé, incapable de prononcer un mot. On pourrait appeler ça, pour simplifier, « émotion ». L’expérience montre que cela vient sans prévenir et que des choses très diverses peuvent la déclencher : le galop plein d’allégresse d’un Clavel Blanco traversant la piste vers le cheval, la muleta magique d’un Aparicio oubliant soudain sa peur, ses doutes, et ses nuits de bringue… Cela vient d’une conjonction rarissime de paramètres, un taureau et un picador inspiré, un taureau et un torero dans un état second, un public à l’unisson, un peu de l’intérieur de soi aussi, sans doute, de l’air du temps. Alors voilà, quand on l’a ressentie une fois, cette « extase taurine », on n’a de cesse que de la retrouver un jour, et on va aux arènes en espérant secrètement que, peut-être, aujourd’hui…
Comme on n’est tout de même pas complètement mystique (et/ou taré), on se trouve d’autres raisons d’aller aux arènes : on peut apprécier intellectuellement l’intelligence d’une faena, on peut s’amuser à démonter le mécanisme d’une autre (parce qu’à force d’y aller, à force de lire son Popelin, son Paco Tolosa et son Tío Pepe, on a son idée sur la question, même si on sait parfaitement qu’une fois en piste, cette idée pourrait s’avérer loufoque – sans compter qu’il faudrait nous pousser pour y aller démontrer au bonhomme vêtu d’or - et surtout au noiraud pourvu de cornes - la justesse de notre théorie), on peut aussi ressentir la peur, peur pour les autres, ceux d’en bas, on peut s’indigner, on peut même éprouver un certain plaisir à une bronca (un vraie, une bonne, une de celles d’autrefois), et on peut aussi reluquer la voisine, les après-midis d’ennui. Parce que, soyons lucides : on s’emmerde assez souvent sur les gradins, au point que si nous étions payés pour y aller, il ya des jours où l’on se mettrait en grève avec séquestration générale des intervenants dans le toril.
Mais voilà, il suffit qu’un jour pas fait comme un autre, le miracle se produise, que cette « émotion » se manifeste, fut-ce fugacement, pour qu’on continue machinalement à se diriger une année de plus comme un somnambule vers l’habituel vomitoire. C’est donc que ça relève de l’addiction, pas forcément la corrida en elle-même, mais la force de cette « émotion » qu’elle peut parfois, et sous certaines conditions, générer.

Maja Lola a dit…

Tout est dit là. (avec un texte moins long et savamment emberlificoté).

L'essentiel où je me retrouve .... (pardon de parler de moi, but is my opinion ....)

el Chulo a dit…

la mia tambien, guapa. lire aussi pîerre veilletet qui a magnifis
quemrent écrit sur les toros!et le deck aussi bien sûr!

Marc Delon a dit…

Veilletet j'ai... Deck s'il daignait me la faire sa copie je serais très content... car un jour j'en ferais un livre. A compte d'éditeur ou perso peu importe mai je le ferais
Touches-lui en un mot chulo por favor...
e l'invitation vaut aussi pour toi bien sûr (tu ne t'y es pas mis encore depuis que tu en lis des versions ?)


guapa, guapa... elle t'a envoyé sa photo en bikini lola ou quoi ?

Anonyme a dit…


Du pur racolage.

De la part d'un larbin de Dassault, c'est cohérent.